Ambassade d'Australie
France
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REMARQUES PAR
S.E. PENELOPE WENSLEY AO
AMBASSADEUR D’AUSTRALIE EN FRANCE
VERNISSAGE DE L’EXPOSITION
THE BUILDING AS MUSE
THE CREATIVE COLLABORATION OF MAX DUPAIN & HARRY SEIDLER
Jeudi 24 janvier 2008
19h00
Ambassade d’Australie
Chère Penelope Seidler,
Monsieur l’Ambassadeur,
Madame l’Ambassadeur,
Monsieur le Président de la Maison de la Culture du Japon,
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,
Je vous souhaite la bienvenue à cet événement spécial, qui est au centre des activités organisées cette semaine à l’Ambassade pour célébrer la fête nationale de l’Australie de 2008.
Ce 26 janvier marquera le 220e anniversaire de l’arrivée de la Première Flotte dans une crique de la baie de Sydney. Ici, à Paris, janvier 2008 marque une autre date-clé: le 30e anniversaire de l’inauguration du bâtiment de l’Ambassade.
Nous avons des ambassades dans le monde entier. D’ordinaire, nous ne fêtons pas leurs anniversaires, mais dans le cas présent il existe un lien direct et important entre les festivités pour notre fête nationale et l’anniversaire de l’inauguration de l’Ambassade. Le bâtiment dans lequel nous nous trouvons fut conçu et élaboré pour être l’incarnation de l’Australie ;
Pour représenter notre poids politique ;
Notre force économique ;
Notre sens aigu des affaires, y compris pour identifier et acquérir un site prestigieux ;
Et notre engagement envers nos relations avec la France et la croissance de ces relations sur le long terme.
(Je sais tout cela car j’étais dans cette Ambassade à l’époque, quand nous cherchions un site approprié ; et j’ai ensuite été impliquée dans les négociations difficiles sur les prix et les conditions.)
Une fois le site acquis, un nouvel élément, culturel, fut ajouté. Nous voulions un bâtiment qui incarne l’Australie, la société australienne et notre identité unique ; nous voulions que son design reproduise le sentiment d’espace et la lumière qui font partie intégrante de l’Australie, que cet édifice parle, visuellement, de l’ouverture de notre société et de sa population de plus en plus confiante et tournée vers l’extérieur.
Le bâtiment devait aussi être sophistiqué et adapté au site sélectionné, dans cette ville qui compte parmi les plus belles, où abondent le grand art et l’architecture de maîtres.
Pour relever tous ces défis à la fois, il nous fallait un architecte au talent et à la vision uniques.
Harry Seidler fut cet architecte, et nous lui rendons hommage ce soir, avec cette exposition, qui honore aussi un autre Australien, le photographe Max Dupain.
L’exposition explore la relation créative qu’ont entretenue, pendant plus de 40 ans, deux grands Australiens. Rares sont les collaborations artistiques aussi fécondes, solides et complices entre un architecte et un photographe que celle de ces deux hommes. Cette exposition nous fait découvrir l’impact du travail d’Harry Seidler sur l’évolution de la carrière incomparable de Max Dupain comme photographe d’architecture. Au-delà, elle illustre aussi comment la vision photographique de Max Dupain a influé sur l’architecture d’Harry Seidler.
Chacun à leur façon, ces deux hommes ont profondément influencé l’apparition d’une identité nationale australienne au cours du XXe siècle : Harry Seidler, avec ses structures monumentales audacieuses qui ont changé la face de l’Australie résidentielle ainsi que la silhouette de nos villes, une architecture résolument tournée vers l’extérieur, au contraire du style Victorien et Edwardien qui prédominait jusque là dans les habitations ;
Max Dupain, avec ces images iconiques d’Australiens athlétiques bronzés, jeunes dieux incarnant le style de vie australien après les longues années de dépression et de guerre – et je pense ici à la photo intemporelle de « The Sun Bather », la forme très sculpturale d’une tête posée sur des bras croisés, le tout rehaussé par un merveilleux jeu de lumière – photo immortalisée je crois à Culburra Beach en Nouvelle-Galles du Sud, mais qui pourrait avoir été prise n’importe où en Australie.
L’exposition que nous présentons ce soir est à la fois une plongée fascinante dans l’univers d’Harry Seidler et une série de photographies exceptionnelles en tant que telles. Présentée dans les murs de l’Ambassade, elle a un écho particulier, une intensité émotionnelle singulière. Les photographies de Max Dupain fournissent le langage pour lire et comprendre l’architecture d’Harry Seidler. Ce langage architectural, l’interaction constante entre l’espace et la lumière, la matière et le vide, que l’on retrouve même dans ses premières œuvres, est un langage qui m’est devenu familier au cours des trois années pendant lesquelles j’ai vécu et travaillé dans ce bâtiment fantastique. Regardez autour de vous : dans cette pièce, les monumentales colonnes de Nervi (du nom de l’ingénieur italien qui a développé la technique de moulage du béton à l’aide d’un coffrage de bois), le plafond sculptural, les courbes majestueuses. Le « pont », qui relie le bâtiment de la Chancellerie avec le bâtiment résidentiel d’à côté, fait communiquer les différents niveaux et donne à l’ensemble un sens dramatique accru.
Le bâtiment de l’Ambassade fut inauguré le 26 janvier 1978 par le Ministre français des Affaires étrangères de l’époque, M. Louis de Guiringard, et l’Ambassadeur d’Australie, SE M. David Anderson, le jour de la fête nationale de l’Australie. Si mes prédécesseurs, les diplomates et les politiciens de cette époque, ont été largement oubliés par l’histoire, le nom d’Harry Seidler devient, lui, de plus en plus connu.
Trente années plus tard, ce bâtiment fait toujours la même impression. Je ne peux pas vous dire le nombre de fois où des personnes invitées à ma résidence, des Français, des Australiens et d’autres, sont littéralement restées bouche bée en passant par les énormes portes, en entrant dans le grand salon, avec ses hauts plafonds, ses courbes majestueuses et sa vue éblouissante par delà la Seine, sur le Trocadéro et le Palais de Chaillot – où se trouve maintenant la Cité de l’Architecture et du Patrimoine.
Vivre et travailler dans ce bâtiment, regarder le spectacle de la lumière qui joue avec la Seine et ce qu’Harry Seidler appelait la « merveilleuse fantaisie » de Gustave Eiffel fut une expérience merveilleuse. Je suis très heureuse d’avoir trouvé, à travers cette exposition, une manière de rendre hommage à l’homme qui l’a créé. Sa vision est une déclaration forte et éloquente sur l’Australie. Harry Seidler est représenté ce soir par Penelope, qui fut son épouse et sa collaboratrice pendant presque un demi-siècle. Penelope, merci d’avoir accepté notre invitation et d’avoir fait le voyage depuis l’Australie pour être parmi nous ce soir, pour ce vernissage qui marque l’anniversaire de ce grand bâtiment et pour recevoir le témoignage de notre reconnaissance envers votre mari Harry.
Je tiens aussi à exprimer mes remerciements à Nathan Waks, premier violoncelle de l’Orchestre symphonique de Sydney. Les parents de Nathan ont été les premiers clients d’Harry Seidler et lui ont commandité deux maisons. Les deux familles sont devenues amies et Nathan, qui n’avait pu jouer aux funérailles d’Harry il y a deux ans à Sydney, va jouer pour lui, et pour nous, ce soir. Nathan a aussi fait spécialement le voyage depuis l’Australie pour rendre hommage à son ami, grand artiste comme lui.
En plus de ces deux personnes très spéciales qui sont ici ce soir, je souhaite remercier sincèrement tous ceux qui ont rendu cette exposition possible. Tout d’abord, un grand merci et toutes mes félicitations à la commissaire Sandra Byron, l’une des meilleures expertes en photographie de notre pays, qui a eu l’idée ingénieuse de rapprocher les œuvres de ces deux grands hommes.
Merci aussi à Eric Seirins de Max Dupain et Associés, à Boral, Clasquin et Qantas pour leur soutien constant à nos activités culturelles, et enfin à l’architecte français Pascal Mory, de la Cité Internationale de l’Architecture, qui a parlé avec verve et enthousiasme de l’importance de ce bâtiment dans le paysage architectural de Paris, à ceux qui, parmi vous, ont eu la chance de l’aller l’écouter un peu plus tôt.
Pour finir, trois petits commentaires sur l’exposition : premièrement, elle sera présentée jusqu’au 20 mars, alors parlez-en à vos collègues et amis ;
Deuxièmement, ne manquez pas la collection des photographies originales du site, trésor caché que nous avons redécouvert en préparant l’exposition. Nous savions que nous avions les plans originaux des architectes, mais trouver ces photographies fut une merveilleuse surprise (la cerise sur le gâteau) ;
Troisièmement, n’oubliez pas de jeter un œil à l’écran numérique à côté des plans. Il montre des scènes des rues de Paris que Max Dupain a immortalisées lorsqu’il était à Paris avec Harry Seidler, pour illustrer son unique voyage en dehors des frontières australiennes, à l’exception de son service militaire en Papouasie-Nouvelle-Guinée pendant la guerre.
Enfin, chers amis, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter, comme le veut la tradition française, une bonne année, et, surtout, un très bon Australia Day / une très bonne fête de l’Australie.