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Actuellement, les ADPIC offrent un niveau de protection plus élevé aux IG des vins et spiritueux qu'à celles des autres produits. L'UE et un petit nombre d'autres pays cherchent à étendre à tous les autres produits, y compris les produits agricoles, ce niveau plus élevé de protection accordé aux vins et spiritueux. L'Australie s'oppose à cette extension, et ce pour plusieurs raisons :
Tout d'abord, cela serait discriminatoire et imposerait une charge inégale aux pays se situant hors des frontières européennes, notamment aux pays en développement. Ainsi, les pays hors UE devraient protéger les quelque 700 IG enregistrées en Europe, alors qu'en retour seules les deux ou trois IG qu'ils possèdent seraient protégées, ce qui représente une lourde charge, particulièrement pour les pays en développement.
Deuxièmement, cela serait inutile car il existe déjà des méthodes bien établies pour protéger les IG des produits, comme les marques, les lois sur l'étiquetage et celles protégeant les consommateurs.
Troisièmement, il serait coûteux pour les gouvernements de mettre de nouvelles lois en vigueur, coûteux pour l'industrie de changer leur pratique concernant l'étiquetage et le marketing, et coûteux pour les consommateurs sur qui reposerait tout le poids de cette extension par le biais d'une augmentation des prix.
Les mêmes objections s'appliquent à la seconde demande européenne vis-à-vis des IG, le droit de 'récupérer' 41 dénominations de produits pour une utilisation exclusive par les producteurs de l'UE. Nous ne voyons pas pourquoi nos producteurs agricoles et les consommateurs australiens devraient être obligés d'abandonner des dénominations telles que parmesan, feta et mozzarella qu'ils utilisent depuis des générations et qui sont devenues des termes génériques sur les marchés mondiaux.
Dans le cas de l'Australie, en raison de notre passé colonial et lié à l'immigration, beaucoup de noms que nous utilisons pour identifier nos produits, tel que gouda, feta et cheddar, dérivent de noms initialement européens. Les colonisateurs et les immigrants ont apporté leurs méthodes traditionnelles et leurs noms en Australie. En travaillant dur, ils ont contribué à la création de la réputation et de la qualité de ces produits en Australie et dans le monde entier. Ce ne sont pas uniquement les efforts marketing des habitants d'un village en Europe qui ont fait la renommée mondiale d'un fromage ou d'une viande. Les Européens vivant en Australie et ailleurs dans le monde ont également joué un rôle. Nous pensons qu'attribuer l'entière propriété de ces marques à certaines régions européennes serait une discrimination et une erreur, et de nombreux Européens vivant en Australie seraient du même avis.
En outre, lorsque l'on voit les contestations devant les tribunaux en Europe à propos, par exemple, de l'utilisation du nom 'feta', il apparaît clairement que la proposition européenne ne fonctionne même pas à l'intérieur des frontières de l'UE. Enfin, ces propositions ne feront rien de plus que les lois sur l'étiquetage et la protection des consommateurs pour promouvoir une agriculture de qualité en Europe.
Le débat sur les IG est un cul-de-sac, et il ne permettra pas d'atteindre l'objectif désiré, la construction d'un secteur agricole fort et durable avec des produits de qualité. Au lieu de regarder en arri ère, le défi auquel font face les décideurs politiques est d'établir le soutien scientifique et institutionnel approprié pour favoriser une agriculture de qualité, et pour permettre aux consommateurs et aux forces présentes sur le marché de récompenser ceux qui satisfont leurs attentes. La moitié de cette équation est en place grâce au travail d'organisations comme l'INRA et l'ENITA ; la seconde moitié est encore à écrire. Avec ses vins et ses fromages connus dans le monde entier, et avec ses fruits et légumes, la France est bien placée pour rester un acteur fort de l'agriculture internationale, tout particulièrement dans un système multilatéral basé sur l'ouverture du marché des produit agricoles et dans lequel c'est la qualité, plutôt que la simple production, qui est récompensée. Ce colloque est un excellent point de départ pour faire avancer cette discussion de manière positive, et je souhaite que ces deux jours, au cours desquels des thèmes importants seront abordés, soient enrichissants pour toutes les personnes participant à cette conférence.
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© copyright Ambassade d'Australie à Paris.