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PRESENTATION PAR S.E. PENELOPE WENSLEY AO
AMBASSADEUR D’AUSTRALIE EN FRANCE
DEJEUNER D’AFFAIRES ABIE-UBIFRANCE
LA RELATION COMMERCIALE ENTRE LA FRANCE ET L’AUSTRALIE : UN NOUVEL ELAN
(15 MIN)
Salons d’UBIFRANCE
Paris
Le 23 février 2006
(Page 2 sur 2)
C’est évident : depuis mon arrivée, il y a presque un an, l’intérêt que l’Australie suscite en France ne cesse de grandir, que ce soit comme destination touristique ou comme lieu d’études ou de travail. Là aussi, ce n’est pas par hasard : nous avons travaillé dur pour en arriver là. Une initiative importante fut l’introduction de l’accord relatif au Visa vacances travail, signé en novembre 2004, qui a favorisé l'afflux de visiteurs français dans notre pays.
Depuis, à ce jour, plus de 7 000 visas ont été délivrés. 60 000 Français se sont rendus en Australie en 2005, 10 % d’entre eux ayant entre 20 et 24 ans.) C’est encourageant, mais un tout petit pourcentage, trop petit, du total de 5 millions de touristes qui viennent chaque année et très loin, encore trop loin, des chiffres dans l’autre direction, chaque année, environ 400 000 touristes australiens visitent la France. Bravo pour la France, mais pour l’Australie il y a encore du travail à faire !
Outre le renforcement des relations commerciales dans les deux directions, je souhaite que les investissements australiens en France soient plus importants, au bénéfice de nos deux pays. C’est pour cela que nous nous sommes réjouis quand le gouvernement français a annoncé, en décembre dernier, que l’offre de la Macquarie Bank (avec son partenaire français Eiffage) avait été choisie pour la privatisation des Autoroutes Paris Rhin Rhône, projet de plusieurs milliards d’euros.
(Je salue la présence de M. Lionel Montocchio).
Nous sommes heureux, aussi, qu’une autre société australienne, Ingeus, soit de plus en plus présente en France, avec ses services d’insertion professionnelle, inédits, pour les chômeurs français de longue durée.(Leur Directeur du développement, Mme Veronica Comyn, est aussi présente aujourd’hui).
Parmi les autres investisseurs australiens qui ont réussi à s’implanter en France, on retrouve les sociétés de surf et de vêtements de sport, Billabong, Rip Curl et Globe International, dans le Sud-ouest de la France.
Objectifs commerciaux plus généraux
Avant de conclure, je tiens à faire quelques brefs commentaires sur la politique commerciale australienne en général. Les objectifs de notre pays en la matière sont bien connus : un système d’échanges multilatéraux complet, équitable et basé sur certaines règles. Un système dont l’agriculture n’est pas exclue, mais fait partie intégrante.
En tant que Présidente du Groupe de Cairns, coalition de 19 pays agricoles exportateurs, dont des pays en développement d’Amérique latine, d’Afrique et de la région Asie-Pacifique, l’Australie est déterminée à contribuer à l’élimination des barrières douanières et des subventions agricoles qui empêchent d’atteindre les objectifs du Cycle de Doha. Les résultats obtenus lors de la Conférence ministérielle de l’OMC qui s’est tenue à Hong Kong en décembre dernier et, en particulier, l’accord selon lequel, en 2013, toutes les subventions agricoles à l’exportation devront être éliminées, représentent un pas dans la bonne direction.
Tout le monde est conscient de nos divergences sur l’agriculture – c’est un champ de bataille de longue date - mais (ici aussi nous avons un de ces problèmes de « perception ») ces différences masquent une autre réalité, que l’Australie et la France partagent une vision commune et peuvent bien travailler ensemble sur beaucoup d’aspects des négociations de l’OMC. Nos deux pays veulent des résultats ambitieux dans les secteurs des produits industriels et des services.
Et je crois que ces intérêts communs devraient nous aider à trouver un terrain d’entente pour l’agriculture, (qui s’accorde avec les attentes de la communauté internationale).
Nous sommes un des pays les plus actifs dans l’OMC – champion du
« FREE TRADE ».
Mais il faut souligner que notre politique commerciale ne se limite pas au système multilatéral. Au niveau régional, nous accordons la priorité au forum majeur de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) (l’Australie sera l’hôte de la réunion ministérielle l’année prochaine) ; et, avec la Nouvelle-Zélande, nous négocions un Partenariat Economique avec l’Association des Nations de l’Asie du Sud-est (ASEAN).
Au niveau bilatéral, la négociation d’accords de libre-échange est en plein essor. Nous avons signé de tels accords avec Singapour, la Thaïlande, les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande, et travaillons sur d’autres avec la Malaisie et les Emirats arabes unis. Pour le Japon et la Chine, les études de faisabilité (pour un accord éventuel) ont été lancées. (L’Inde, aussi, est sur l’horizon.)
Consciente de l’intérêt croissant que la Chine suscite en France, je crois utile de mentionner l’importance de la relation commerciale entre la Chine et l’Australie. Là, nous n’avons pas besoin d’un nouvel élan. Grâce à un effort soutenu depuis bien plus de vingt ans, nos relations économiques et politiques sont très fortes et continuent à s’accroître. (La hausse du prix des matières premières, due en partie à la croissance dynamique de la Chine, a stimulé nos exportations dans le secteur des ressources.) Nos économies sont résolument complémentaires, et nos échanges de marchandises, dans les deux sens, ont quadruplé au cours de la dernière décennie, jusqu’à fleurer les 18 milliards d’euros aujourd’hui. Si les ressources étaient auparavant notre principal lien commercial avec la Chine, l’Australie profite désormais de la forte croissance du marché chinois pour y exporter ses services, notamment dans les secteurs de l’enseignement et du tourisme.
J’espère voir l’émergence d’une situation similaire avec l’Inde, à mesure que son économie se développera et mûrira. Ayant exercé les fonctions de Haut Commissaire australien auprès de la République de l’Inde au cours des trois années précédant ma nomination en France, je peux, en tout confiance, affirmer que nous sommes bien placés pour accéder au marché indien et profiter de ses opportunités considérables. Le Premier ministre australien John Howard se rendra en Inde le mois prochain.
Ces réflexions sur la Chine et l’Inde, les grands pays et économies émergents, illustrent mes thèmes principaux - notre position unique dans la région Asie-Pacifique, notre politique économique tournée vers l’extérieur et notre économie performante. Ces atouts devraient être la base d’un partenariat plus important avec la France. Malheureusement, nous ne sommes pas là. Certes, nous avançons dans certains domaines, mais nous pouvons faire beaucoup mieux.
Si nous considérons ensemble les trois facteurs suivants :
Le poids et le degré élevé de développement de nos deux économies ; le rôle et l’influence que nous avons dans nos régions respectives et sur la scène internationale ;
Les défis auxquels nous faisons face pour maintenir la force, la croissance et la compétitivité de nos économies ;
N’est-il pas évident qu’un nouvel élan dans notre relation commerciale est non seulement souhaitable, mais impératif ? A vous de décider, mais, pour ma part, je suis convaincue que c’est nécessaire et réalisable. Avec les organisations compétentes ++ en France et en Australie, je ferai tout mon possible pour encourager cette nouvelle impulsion.
Merci pour votre attention.
++
AUSTRADE
INVEST AUSTRALIA, l’agence gouvernementale australienne chargée des investissements étrangers directs.
TOURISM AUSTRALIA