Ambassade d'Australie
France
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PRESENTATION PAR S.E. PENELOPE WENSLEY AO
AMBASSADEUR D’AUSTRALIE EN FRANCE

SOCIETE DE GEOGRAPHIE
DEJEUNER-DEBAT

L’AUSTRALIE AUJOURD’HUI
OU
L’AUSTRALIE ET LA FRANCE : PLUS PROCHES QU’ON NE L’IMAGINE

Restaurant du Sénat, Salon Pourpre
Paris
Mardi 5 juin 2007
12h30


M. le Président, M. Jean Bastié,
M. le Vice-président, M. Jean-Claude Fortuit,
M. le Secrétaire Général, M. Michel Dagnaud,
Excellences,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,
Honorables invités,
Chers amis,

Je veux tout d’abord vous remercier de m’avoir invitée à me joindre à vous aujourd’hui. Les ambassadeurs sont toujours contents de pouvoir parler de leur pays et, étant donné que le pays que j’ai l’honneur de représenter en France n’est pas simplement un pays, mais aussi l’île-continent le plus ancien de la planète, je me réjouis particulièrement d’être l’invitée d’honneur de la plus ancienne société géographique au monde –société très réputée pour son esprit d’ouverture vers le monde et pour les efforts qu’elle réalise depuis plus d’un siècle en faveur du rapprochement entre les peuples.

J’ai choisi comme titre de ma présentation « L’Australie et la France : plus proches qu’on ne l’imagine ». Mais, le week-end dernier, en regardant le site de la société sur Internet et l’annonce pour ce déjeuner, j’ai constaté que la promotion était axée sur un autre sujet : « L’Australie aujourd’hui ».
Alors, pour ne pas décevoir ceux qui, parmi vous, étaient attirés par cette idée plus large, j’essayerai de faire les deux en même temps – un véritable défi en vingt minutes !

Pour commencer notre voyage de découverte, voici quelques images pour situer notre pays, cette grande terre des antipodes.

Tout d’abord : LA SITUATION GEOGRAPHIQUE

Ici, j’emprunte les mots d’un journaliste et écrivain français, Jean-Marie Boëlle, tirés de l’introduction de son très bel ouvrage « Australie – le temps du rêve »

« Sept millions sept cent quarante et un mille deux cent vingt kilomètres carrés, soit les trois-quarts de l’Europe ou quatorze fois la surface de la France : entre l’Océan Pacifique et l’Océan Indien, c’est à la fois la plus grande île du monde et son plus petit continent – 3 850 km d’est en ouest, 3200 km du nord au sud, et des reliefs passés au papier émeri du vent, du soleil et de l’eau. Point culminant, Mont Kosciousko – 2 228 m. Altitude moyenne – 300 m, c’est-à-dire moins de la moitié de celle du globe. Du Cap York à la Tasmanie, la Cordillera australienne, qui s’étire poussivement sur 3 000 km, apparaît comme une montagne pour rire. Le pays est d’abord une vaste plaine déprimée qui se creuse en cuvette et dont les plis, les éboulis et les cicatrices nous ramènent au grand désordre original. D’une beauté sauvage, les 36 735 km de côtes, eux, nous replongent au coeur du Paradis terrestre et, à l’est du Queensland, la grande barrière de corail, fabuleuse de vie et de couleur, porte haut sa couronne de « huitième merveille du monde ». Vingt millions d’habitants, essentiellement regroupés sur un littoral délicatement sculpté, peuplent ce territoire démesuré et cabossé, le plus vieux, le plus érodé et le plus aride de tous…

Séparé de l’Antarctique il y a 40 millions d’années, il a dérivé dans l’immensité des mers du sud. Son « splendide isolement » est à l’origine d’une évolution unique sur la planète. Faune et flore y présentent une étonnante diversité biologique en même temps qu’un caractère endémique marqué ».

Deuxièmement : LA POPULATION

L’implantation humaine a aussi suivi un chemin atypique, entre la présence très ancienne des Aborigènes – au moins 60 000 ans – et l’arrivée tardive des Européens. En Europe, la terra australis incognita fut longtemps regardée comme un mythe. Il faudra attendre le début du XVIIème siècle pour que les navigateurs hollandais Jansz, Hartog et Tasman habillent de réalité la légende.

Le capitaine Cook annexa le pays à la couronne britannique en 1770 et les Anglais décidèrent d’y établir une colonie pénitentiaire. En 1788, la première flotte arriva à Port Jackson, maintenant connu sous le nom de Baie de Sydney. (Le 26 janvier, date du débarquement, est devenu Australia day, notre fête nationale.) Bien que la transportation des bagnards britanniques continua jusqu’en 1868, plus importante étaient l’exploration et la colonisation du pays qui poursuivaient leurs débuts peu glorieux. L’arrivée des immigrants libres commença dans les années 1790 et dura une grande partie du XIXème siècle.

L’immigration est au cœur de l’histoire du développement de l’Australie en tant que nation.

En 1850, la découverte d’or donna à la colonisation un nouvel essor, attirant non seulement les Anglais et les Irlandais, mais aussi les Américains, les Chinois et beaucoup d’autres. En 1901, le premier jour du XXème siècle, les six colonies australiennes séparées se fédérèrent pour former le Commonwealth d’Australie.

A cette époque, la politique de la nouvelle nation était axée sur une culture anglo-celtique. Mais, depuis la Seconde Guerre mondiale, le pays a accueilli plus d’un demi million de réfugiés et de personnes déplacées, et a poursuivi une politique active d’immigration ouverte, créant ainsi une société polyglotte, dite « multiculturelle », composée de gens venant de tous les coins du globe. Plus de 6 millions d’immigrants se sont installés en Australie depuis 1945. Plus de 4 millions de personnes, c’est-à-dire presque un quart de notre population, sont nées à l’étranger. Bien que l’anglais soit la langue officielle, plus de 4,1 millions d’Australiens parlent une autre langue. Outre l’anglais, les langues les plus communément parlées en Australie sont l’italien, le grec, le cantonnais, l’arabe, le vietnamien et le mandarin.

Les quarante dernières années ont vu s’opérer un changement important dans les pays d’origine des immigrants en Australie. Dans les années 1960, 45 % de tous les nouveaux arrivants étaient nés au Royaume-Uni et en Irlande. Dans les années 1990, cette proportion n’était plus que de 13 %, et de plus en plus de personnes étaient originaires de la région Asie-Pacifique, d’Afrique et du Moyen-Orient. L’an dernier, 10 % de nos immigrants arrivaient de Chine, et les groupes à la croissance la plus rapide venaient du Soudan, de l’Afghanistan et d’Irak.
Même si l’Australie est une société principalement chrétienne, les religions non-chrétiennes sont celles qui ont, en proportion, connu la plus forte augmentation ces dernières années. C’est en particulier vrai du Bouddhisme, de l’Islam et de l’Hindouisme.

J’ai voulu parler de tout cela en détail car il existe peu de pays dans lesquels les immigrés ont atteint un niveau de participation économique, politique, sociale et culturelle aussi importante qu’en Australie. La diversité culturelle est l’une des grandes caractéristiques de l’Australie contemporaine, et l’une de ses grandes forces. Et je suis consciente que ces questions sont parfaitement d’actualité en France.

Troisième facette : LE SYSTEME POLITIQUE

Même si l’Australie est considérée, d’un certain point de vue, comme un pays « jeune », c’est l’une des démocraties parlementaires les plus anciennes, ou plus exactement la 6ème plus vieille démocratie de la planète fonctionnant sans interruption. Nous avons été des pionniers du vote à bulletin secret et du vote des femmes.

Notre système gouvernemental reflète les modèles britannique et américain de démocratie libérale. Notre système juridique est basé sur la Common law, et nous avons un parlement bicaméral composé d’un sénat et d’une chambre basse.
Nous sommes une fédération de six Etats et deux Territoires.

La Reine d’Angleterre Elizabeth II est notre monarque constitutionnel et notre chef d’Etat. Elle nomme un Gouverneur Général d’Australie pour la représenter, sur les conseils du gouvernement australien élu. Nous avons une constitution écrite qui décrit les fonctions du gouvernement, et qui ne peut être amendée que par référendum.

En Australie, voter est obligatoire.

Le gouvernement actuel, coalition conservatrice, est au pouvoir depuis 11 ans. Des élections sont prévues avant la fin de cette année, et le gouvernement pourrait changer.


Quatrième image : L’ECONOMIE

L’économie australienne est l’une des plus robustes et des plus performantes parmi les pays occidentaux : l’Australie est la 13ème puissance économique de la planète (en comparaison avec la France qui occupe la 6ème place).
Nous sommes la 10ème plus grande économie industrialisée.
Nous sommes la 8ème nation la plus riche du monde per capita (paradis fiscaux exclus).
En 2006, nous étions au 6ème rang des économies les plus compétitives du monde.
Nous connaissons une croissance continue depuis 16 ans, avec une moyenne annuelle de 3,3 %.
La dette publique du gouvernement est nulle, l’inflation faible (2,5 % en moyenne), tout comme le taux de chômage (5 %).
Notre niveau de vie est parmi les plus élevés du monde : il dépasse désormais celui de toutes les nations industrialisées du G8, exception faite des Etats-Unis.
La qualité de vie en Australie est l’une des meilleures de la planète.
L’économie s’est transformée ces vingt dernières années, sous l’impulsion d’un processus continu de réformes structurelles.
Dans une enquête effectuée par l’OCDE mi-2005, l’Australie était désignée comme le pays ayant les meilleures pratiques mondiales oeuvrant dans le sens de la suppression du contrôle de l’Etat sur les entreprises publiques, de la limitation des règlementations concernant les entreprises et du faible niveau de protection de ses industries agricoles.

Bien que nous ayons de vastes ressources minérales et que nous soyons l’un des producteurs et exportateurs agricoles les plus efficaces du monde, et bien que nous conservions nos secteurs traditionnels à forte exportation – produits agricoles, minerais et énergie (à l’échelle mondiale, nous sommes le premier exportateur de charbon et de minerai de fer, de viande de bœuf et de laine, le deuxième exportateur d’orge et de coton, et le troisième de blé et de vin) – nous avons su diversifier la base de notre économie, et accorder une place bien plus grande aux services.

Encore une fois, ceci est important, non seulement pour mieux vous faire comprendre l’Australie d’aujourd’hui et sa place dans le monde, mais aussi parce que notre expérience, notamment des réformes économiques et des ajustements structurels, est pertinente en France - et dans le débat que connaît votre pays sur les réformes économiques, la concurrence et l’ouverture sur le reste du monde.

L’Australie défend fermement le libre-échange. Le commerce et les investissements sont essentiels à notre prospérité économique. Si essentiels que, il y a quelques années, nous avons fusionné notre Ministère des Affaires étrangères avec celui du Commerce extérieur, pour la mettre au cœur de notre politique extérieure. En tant que fonctionnaire du Ministère des Affaires étrangères et du Commerce extérieur, je suis au service de l’Australie pour mener une politique commerciale ambitieuse, qui associe les stratégies multilatérales, régionales et bilatérales pour maintenir notre compétitivité, remporter de nouveaux marchés et promouvoir les biens et services australiens. Ce travail va de paire avec ce que l’on pourrait appeler la diplomatie plus traditionnelle, le traitement des questions stratégiques, militaires, de sécurité ou de développement, la mise en place d’alliances et de réseaux avec des partenaires pour lutter contre les problèmes internationaux. Au-delà, c’est aussi le travail avec les Nations Unies et les autres organisations internationales pour faire face aux problèmes et défis qui dépassent les frontières nationales et qu’aucun pays ne peut, seul, résoudre – je pense ici au terrorisme, au changement climatique, aux pandémies et à la prolifération des ADM.

L’Australie est l’un des membres fondateurs de l’ONU, et apporte une contribution significative à ses travaux dans de nombreux domaines. Nous sommes aussi de fervents défenseurs de l’OMC, et sommes reconnus pour notre rôle de leader encourageant la création d’un système multilatéral d’échanges plus fort, et la réforme du commerce agricole.

Voici un sujet sur lequel la France et l’Australie ne sont pas d’accord. C’est dommage car, dans presque tous les autres domaines, nos contacts et notre coopération sont bons, voire même très bons. Je pense que la plupart des Français seraient surpris d’apprendre la solidité, la profondeur et la diversité des liens et des échanges entre nos deux pays.

Les spécialistes savent tout cela, mais pas le grand public. Pourquoi ? Je me le demande depuis que j’ai commencé mon mandat il y a deux ans. La réponse superficielle est on ne peut plus évidente, et votre société est la plus à même de comprendre : c’est la géographie. L’Australie et la France sont aux bouts du monde l’une par rapport à l’autre, séparées par une très grande distance. Le commentaire que me font le plus souvent les Français que je rencontre, juste après m’avoir confié à quel point ils aimeraient visiter l’Australie, est « mais c’est si loin ». En général, ils le disent avec une force considérable, presque comme horrifiés à l’idée de traverser plusieurs océans et 20 000 km. Cela me surprend un peu, étant donné que nous vivons dans un monde sophistiqué qui dispose de transports rapides, et que les Australiens trouvent qu’il n’est pas si difficile de traverser le monde entier en avion pour se rendre en Europe et sur le continent américain.
Les Néo-zélandais, les Japonais, les Chinois, les Brésiliens et les Sud-africains ne trouvent pas cela plus difficile. Les raisons sont peut-être plus subtiles : un mélange de culture, de psychologie et de politique.

Les réalités politiques, ou géostratégiques, sont aussi assez évidentes. La France est actuellement très préoccupée par son propre avenir, et l’est déjà depuis un long moment, non seulement en raison des élections, mais aussi à cause de plusieurs défis sociaux économiques sérieux auxquelles elle fait face. Par ailleurs, les priorités diplomatiques de la France sont tournées vers l’Europe, les relations trans-atlantiques, la Méditerranée, l’Afrique et le Moyen-Orient. La région Asie-Pacifique, où l’Australie est située, et qui est, à une ou deux exceptions près, NOTRE plus grande priorité, n’attire pas beaucoup l’attention de la France et de ses décideurs. Nous regardons donc tous deux principalement dans des directions différentes.

Nos intérêts politiques coïncident cependant dans le Pacifique, où nous avons besoin l’un de l’autre, et dans les affaires multilatérales. Dans ce domaine, nous travaillons de manière efficace en étroite collaboration, mais notre coopération n’est pas très visible pour les populations de nos deux pays. Je pense ici à nos intérêts communs dans l’Antarctique, dans les mers australes, à la lutte contre le terrorisme, au désarmement, aux sciences marines, à l’environnement, au développement durable et aux recherches scientifiques dans divers secteurs. Là, nous sommes des alliés, des partenaires importants ; nos experts sont très respectueux des compétences et du professionnalisme de chacun.

Les échanges commerciaux et les investissements nous emportent également dans l’orbite de l’autre : l’Australie est un marché significatif pour les produits français, en particulier pour les équipements militaires, les hélicoptères et les avions, ainsi qu’une destination importante pour les investissements français. Plus de 300 entreprises françaises sont installées en Australie, ce qui fait de la France le 7ème investisseur étranger dans notre économie. Pour les sociétés françaises, l’Australie, pays stable et prospère, est un endroit séduisant pour faire des affaires – plus que pour les Australiens regardant dans cette direction.

Les échanges culturels font aussi partie de notre relation d’aujourd’hui, et son importance ainsi que sa visibilité ne cessent de croître. Dans ce domaine, [contrairement à d’autres, où je me heurte souvent à une relative indifférence ou à un manque d’intérêt vis-à-vis de l’Australie, ou encore à des connaissances se limitant au sport et à notre nature exotique (avec des questions sur nos requins, nos crocodiles, araignées et serpents, plutôt que sur notre économie florissante"), je perçois un changement en France, et donc davantage d’intérêt et de connaissance. Au cours des douze derniers mois, nous avons été sollicités pour être le pays à l’honneur du Festival interceltique de Lorient, du Festival des écrivains de Montpellier, ou encore pour figurer à l’affiche du prochain Festival Paris quartier d’été. Les artistes et interprètes australiens sont très demandés. Le public français a pris conscience de la beauté et de la créativité de la culture aborigène contemporaine – s’éloignant ainsi du prisme ethnographique et anthropologique du passé.

C’est cette rupture avec la vision d’autrefois, avec cette ancienne manière de se percevoir l’un l’autre, que je voudrais voir par-dessus tout ; une redéfinition de notre relation en accord avec la situation actuelle, plutôt qu’avec celle d’hier, sans pour autant minimiser l’importance de ce passé. Nous devrions apprendre aux jeunes élèves français et australiens les extraordinaires expéditions que les Français ont mené en Australie aux XVIIIème et XIXème siècles, comme Baudin, La Pérouse ou d’Entrecasteaux ; nous devrions continuer à saluer et à commémorer la mémoire partagée des deux Guerres mondiales, de ces milliers d’Australiens qui se sont battus et sont tombés en France. Nous devrions tirer les leçons des différences survenues lors des essais nucléaires français dans le Pacifique – mais, comme nous faisons tous deux face à un avenir incertain dans un monde difficile, aux enjeux de la mondialisation, il va de l’intérêt de nos deux pays de construire une relation moderne qui dépasse le problème de la distance qui nous sépare.

Nous devons alors nous demander : qu’avons nous à offrir à l’autre ? La base d’une relation bilatérale réside dans la croissance des échanges commerciaux et des investissements, du tourisme, de l’enseignement, des échanges scientifiques et culturels. Nous devrions évidemment poursuivre nos efforts en ce sens, tout comme nous devrions continuer à accroître nos échanges politiques de haut niveau. C’est la base (le « bread and butter » comme on dit en anglais) applicable partout, dans tous les pays. Mais pour la France et l’Australie, je pense qu’il y a quelque chose de différent – ici, faisons de la géographie une vertu, faisons de notre séparation un atout plutôt qu’un handicap. En tant que pays développé démocratique et stable de la région Asie-Pacifique, à cheval sur trois océans, l’Australie a une perspective, une expérience et une vision uniques de cette partie du monde ; compétences qui pourraient aider la France dans la poursuite de son propre intérêt dans cette région dynamique, de plus en plus importante politiquement et économiquement ; une Asie en pleine mutation dans le processus de mondialisation. L’Australie est reconnue comme « une puissance qui compte dans la région Asie-Pacifique », et ce sont les mots d’un Français, le député Pierre Frogier, que je cite ici. Inversement, l’expérience et la connaissance françaises de l’Europe, de l’Afrique du Nord et de sa région immédiate, sont précieuses pour l’Australie.

Nous devrions intensifier nos efforts dans leur ensemble pour approfondir nos échanges stratégiques et, plus spécifiquement, accroître notre coopération dans la lutte contre le terrorisme – afin de s’aider mutuellement à répondre plus efficacement à l’un des plus grands enjeux actuels du monde.
Partager nos expériences et idées sur le dialogue entre les cultures, avec l’Islam et les communautés musulmanes, sur les politiques d’immigration et l’intégration des communautés de cultures différentes dans la structure de nos sociétés démocratiques, semble être, de toute évidence, un domaine dans lequel les discussions franco-australiennes pourraient se développer. L’Australie n’est pas une donneuse de leçons, mais je crois aussi que notre expérience dans le domaine des réformes économiques peut intéresser les décideurs de France.

Finalement, parlons des grandes questions d’actualité. Rien ne paraît plus important, et préoccupant pour nos deux peuples, que l’état de notre planète – l’écologie, l’environnement, le développement durable et le changement climatique – lié au débat sur l’énergie et l’eau. Dans ce domaine aussi, les deux pays occupent des positions exceptionnelles, du point de vue des ressources, des défis rencontrés, de la capacité scientifique. Nous avons lutté ensemble pour voir d’autres grands projets réussir – tel que la création, dans l’Antarctique, d’une zone libre de toute exploration minière – nous travaillons en ce moment côte à côte pour empêcher la pêche illégale, la chasse à la baleine… Je suis convaincue que notre coopération dans ces domaines de l’écologie et de l’énergie peut s’élargir, mais, là aussi, il y a une distance à parcourir, pour mieux comprendre l’expérience – et les défis – de chacun, en définissant une politique fiable, adaptée à la réalité propre de chaque pays.

Voilà, Mesdames et Messieurs, quelques réflexions sur l’Australie d’aujourd’hui et sur les relations entre la France et l’Australie – deux thèmes qui me sont bien chers. Si vous avez des commentaires ou des questions, je serais heureuse de les écouter et d’essayer d’y répondre.

Merci encore pour l’invitation à cet agréable déjeuner et pour votre aimable attention.